Interview FOOTBOKS – Yann Kitala : « Je vais commencer à courir »

14 décembre 2020
14 décembre 2020 samy traore

Passé par Montreuil, le Paris FC, l’INF Clairefontaine, l’OL, le FC Lorient et le FC Sochaux, Yann Kitala récupère en ce moment après sa grave blessure survenue fin août. L’attaquant de 22 ans nous donne des nouvelles de sa rééducation et revient pour FOOTBOKS sur son parcours, ses meilleurs souvenirs, son arrivée à Sochaux et sa célébration. Entretien avec un crack.

Salut Yann, tu peux te présenter ?

Salut, c’est Yann Kitala, je suis attaquant au FC Sochaux. Avant ça je suis notamment passé par l’OL et le FC Lorient. J’ai fait toute ma formation à Lyon et lors de la saison 2019-2020 j’ai été prêté au FC Lorient avec qui j’ai été champion de Ligue 2. Je suis ensuite parti poursuivre ma carrière au FC Sochaux où je suis depuis cet été.

Comment tu te définirais comme joueur ?

Je suis un joueur très explosif qui aime beaucoup courir et qui a la grinta. Dès que je fais un effort je n’y vais pas à moitié. Depuis petit on m’a toujours dit que j’étais un attaquant qui soulageait parce que j’aime bien mettre la pression aux défenseurs pour récupérer la balle haut sur le terrain.

Tu joues numéro 9, c’est ton positionnement favori ?

Quand j’ai commencé le foot à Montreuil, je jouais attaquant, numéro 9 dans l’axe, tout seul. Au Paris FC, on m’a repositionné sur le côté gauche. Après, j’ai fait l’INF Clairefontaine où je jouais aussi à gauche, et quand j’ai rejoint l’OL en U16 et U17 je jouais toujours ailier gauche, soit dans une attaque à 3 soit dans un 4-2-3-1. C’est quand je suis arrivé en U19 deuxième année et que je faisais des entrées avec la réserve à l’OL que le coach a commencé à me faire rentrer dans l’axe.

Tu devais avoir à gérer de vrais défis physiques, non ?

C’est vrai que je jouais des matchs où j’avais des défenseurs un peu costauds, et moi j’avais 18 ans, j’avais des gros défenseurs sur moi donc je devais m’adapter et m’habituer parce que c’est comme ça que le coach voulait me voir jouer. Je me suis donc adapté, j’ai limite fait une nouvelle formation dans l’axe, et j’ai beaucoup travaillé à la salle. J’ai tout mis en œuvre pour me renforcer, parce que j’étais moins costaud à l‘époque. J’ai même fait un programme à Lyon où je me suis arrêté pendant 1 mois et où je ne faisais que des séances de musculation du lundi au vendredi, pas d’entraînements et pas de matchs. Ça m’avait vraiment aidé et j’avais beaucoup pris physiquement pendant cette période.

Et être associé à un autre joueur devant, c’est quelque chose qui te plaît ?

A Lorient on jouait parfois à 2 devant, donc encore une fois, je m’adapte. Après je pense que ce qui me plairait moins c’est de jouer en 4-4-2 associé à un joueur avec le même profil que moi, mais ça n’est jamais arrivé parce que je pense que les coachs cherchent plutôt de la complémentarité entre les attaquants dans ce type de système.

Quel est ton meilleur souvenir niveau foot ?

Je dirais que c’est la Youth League avec Lyon. L’année où elle a été créée c’était pile l’année où je suis arrivé en U19. Quand je l’ai jouée je me sentais limite dans la peau d’un joueur de très haut niveau qui joue la coupe d’Europe la semaine et le championnat le weekend. Le match qui m’a le plus marqué c’est la victoire 1-0 contre la Juventus, là-bas en Italie. Je pense que c’est le plus beau match que j’ai fait depuis que je fais du foot. En termes de contenu, on avait montré une détermination incroyable. On avait pris 3-0 à l’aller mais on est arrivés là-bas et on a mis une très grosse intensité, c’était vraiment costaud et ça m’a marqué.

Yann Kitala face à la Juventus

Tu as fait l’INF Clairefontaine, génération 98, avec un paquet de cracks, comme Mbappé, Claude-Maurice, Laurienté… lequel t’a le plus impressionné ?

Il y avait aussi Arnaud Nordin et d’autres, mais on était très jeunes, il n’y avait pas vraiment un joueur au-dessus des autres, on était tous dans la phase de formation et dans l’apprentissage, donc je ne peux pas te dire qu’il y ait eu un joueur qui m’ait vraiment impressionné. Ce qui m’a par contre impressionné c’est plus la marge de progression qu’ils ont eue et la carrière qu’ils ont maintenant.

Niveau jeu, avec qui avais-tu la meilleure alchimie ?

Je peux te citer quelques joueurs comme Kylian Mbappé, Fakri Amadi Ali, Arnaud Nordin, Boubacar Fofana qui était à Lyon et qui est au Servette.

Revenons un peu sur ton actu, tu as signé à Sochaux cet été, comment ça s’est passé ?

Après la saison dernière avec Lorient, on finit champions, bon, je n’ai pas forcément eu le temps de jeu que j’aurais idéalement souhaité mais je sors grandi de cette expérience, avec des gros entraînements et des très bons coéquipiers. J’ai beaucoup appris là-bas. Plusieurs clubs se sont intéressés à moi et j’ai voulu prendre mon temps en début de mercato pour écouter un peu les différentes propositions. Mon projet pour la saison était vraiment de jouer, de m’installer dans un club où le coach me ferait confiance pour pouvoir montrer ce que je vaux. Le coach Omar Daf m’a appelé et son discours m’a vraiment plu, ma décision s’est faite principalement là-dessus.

Comment s’est passée ton intégration ? 

Quand j’ai intégré le groupe il y avait beaucoup de nouveaux donc on s’est dit qu’on allait directement installer une bonne entente entre nous. On a bien appris à se connaître sur et en dehors du terrain et j’ai vite collé avec le groupe. Ça m’a surpris parce qu’il a juste fallu une ou deux semaines avant que je connaisse tous les noms, que je sache qui est gaucher ou droitier et que je connaisse les styles de jeu de chacun. On a vraiment un groupe qui veut aller de l’avant et on avance tous vers le même objectif.

Le groupe a été très solidaire suite à ta blessure, comment tu l’as vécu ?

Ça m’a fait plaisir, surtout parce qu’ils ont fait ça spontanément. Je regardais le match chez moi et quand je les ai vus marquer et faire ma célébration ça m’a montré qu’on avait un groupe soudé. Ça faisait 2 mois que j’étais au club et j’avais l’impression que ça faisait 2 ans que j’étais là.

Elle vient d’où d’ailleurs cette célébration de la longue vue ?

De base c’est parti de Twitter, sur les réseaux sociaux. Je parlais avec un supporter de Lorient qui croyait beaucoup en moi, il me mentionnait souvent sur les réseaux et je voyais ça, donc on a discuté en privé et on a sympathisé. Il est arrivé une semaine où l’attaquant titulaire s’est blessé, du coup je postulais pour une place le weekend. Le supporter est venu me voir à l’entraînement pendant la semaine et il m’a dit que j’allais marquer et qu’il aimerait bien que je fasse un petit truc pour lui. J’ai réfléchi à la célébration, je lui ai envoyé que j’allais faire ça, et j’ai marqué ! Donc j’ai célébré et c’est un peu devenu une marque de fabrique.

La célébration de Yann Kitala

Tu t’es gravement blessé le 22 août en marquant lors de la victoire 2-0 à Auxerre, comment ça s’est passé ? 

Ça a été une blessure un peu improbable, on se rentre dedans avec le gardien, et le choc s’est fait entre des surfaces du corps différentes, la mienne était moins solide et ça a cassé.

Tu en es où dans ta récupération ?

Je suis tombé sur une blessure où il n’y a pas de délai exact parce que l’os a été cassé. Il a été réparé et la consolidation est dans les temps donc je suis satisfait par rapport à ça. Il est prévu que je fasse de la réathlétisation en décembre et janvier et après, tout dépendra de mon ressenti pour savoir quand je serai prêt à revenir sur le terrain. Aujourd’hui, je suis dans la phase où je vais commencer à courir. Je n’ai pas trop de gênes et je récupère de la force au niveau de mes muscles. Au niveau de ma cuisse et de mon mollet j’ai bien récupéré mais je travaille beaucoup en ce moment sur les orteils et la sensibilité au niveau de mon pied. Je suis avec le kiné et le préparateur physique le matin et l’après-midi.

Tu as des petites techniques pour bien récupérer ?

Oui, je masse beaucoup mon pied, je mets beaucoup de chaussettes et cuissardes de récupération aussi parce qu’en termes de travail je bosse encore plus sur mes muscles que d’habitude. J’utilise aussi beaucoup les crèmes à l’arnica, les gels cryo, que j’utilise aussi quand je joue. Quand je jouais je récupérais bien avec ça, donc même blessé je continue à les utiliser.

Tu attaches beaucoup d’importance à l’aspect récupération ?

Oui je trouve que c’est très important surtout que je suis un joueur athlétique et que je cours beaucoup sur le terrain. Quand j’étais plus jeune, j’avais pas mal de crampes autour de la 70e et à Lyon j’ai vraiment appris à mieux récupérer, ce qui me permet d’éviter ces crampes.

Yann Kitala #TeamFOOTBOKS

Comment as-tu connu Footboks ?

A Lorient j’ai eu la chance de jouer avec Yoane Wissa qui recevait déjà les FOOTBOKS. A chaque fois qu’il recevait sa box je lui demandais des produits et il les partageait avec moi. Ça m’a bien servi, et au début, le produit que je demandais toujours à Yoane c’était les chewing-gum énergisants. Quand j’étais sur le banc ou qu’on jouait le lundi soir après la journée et que je me sentais un peu mou, je prenais les chewing-gums et ça me réveillait, j’arrivais sur le terrain avec la motivation et la grinta. Je les prends maintenant avant tous les entraînements et les matchs. Depuis que j’ai commencé à recevoir les box, je me suis mis à tout essayer et je suis vraiment satisfait.

Tu as un message à faire passer à la #TeamFOOTBOKS ?

On m’a toujours dit que dans le football il fallait penser aux choses invisibles comme la récupération. Ton corps c’est ton outil de travail, et arrivé sur le terrain ton outil de travail doit être prêt et à 100%. C’est comme si tu avais une voiture de course et que la semaine tu ne la nettoyais pas, tu ne la réparais pas. Cette voiture elle est importante pour la course donc tu dois en prendre soin. Pour être bon il faut voir loin, et il faut vraiment bien s’occuper de son outil de travail pour être performant le weekend.

Propos recueillis le 2 décembre 2020. Crédits photos FCSM, FOOTBOKS

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